Mardi 23 mai 2000

09H21. Cela fait huit semaines que la décision d' " intention " de fermer l'usine de Manage est prise et nous sommes toujours présents !

Le réseau informatique dans l'usine n'a évidemment pas été réinstallé et plus aucun fournisseur ne livre à Manage. La production continue a fonctionner avec les moyens qui lui sont donnés mais rien n'est envoyé ni à Bruges, ni à Crespin, ni ailleurs. Cela semble chagriner la direction mais peut-on prendre leurs remarques au sérieux ?

A l'amorce de cette neuvième semaine, un Conseil d'Entreprise a eu lieu. Il a été question de l'installation des nouvelles délégations le vendredi 26/5 et de l'ouverture des négociations le lundi 29/5. D'autre part un C.E se tient ce mercredi 24 mai et concerne la présentation du bilan 1999.

Mercredi 24 mai

Le Conseil d'entreprise de ce mercredi avait pour objectif la présentation du bilan 1999

Réunion fleuve qui dure de 8h30 à 15h30. La direction n'ayant pas répondu ou insuffisamment répondu précédemment aux questions posées dans le cadre de la loi " Renault ", il ne fallait pas s'attendre à grand-chose. Ce fut le cas ! D'autre part, la direction souhaite que le plan social soit terminé au plus tard le 23 juin, les licenciements prenant cours le 1er juillet. Elle propose de réaffecter 25 personnes à Bruges et 75 à Crespin ; le transfert des dessinateurs à Crespin et le maintien sur les sites des 36 personnes y travaillant déjà ; 92 personnes seraient pré-pensionnables. Quant au personnel restant, il bénéficierait du minimum légal, des compléments étant possibles moyennant l'acceptation d'un plan de production digne du chantage !

Jeudi 25 mai

Rien de bien particulier à annoncer dans l'entreprise

Toutefois, chaque membre du personnel a reçu, par courrier, à son domicile, le bulletin d'information n°1 qui fait suite, selon la direction, à de nombreuses demandes faites au numéro vert 0800/95129. Il s'agit en fait d'un résumé des étapes de la procédure et du plan social proposé avec évidemment une demande de respect de l'objectif fixé par rapport à un planning de livraison des pièces non livrées depuis le 18 avril 2000. Ce message n'a qu'un but, celui de diviser et casser la solidarité existante mais n'est certainement pas une réponse aux questions posées au n° vert.

Vendredi 26 mai

Un Conseil d'entreprise est prévu à 8h

Il sera bref et concernent la mise en place du nouveau Conseil d'entreprise suite aux élections sociales du 11 mai. Pour rappel, FGTB et SETCA sont maintenant les seuls représentants du personnel amenés à négocier.

Lundi 29, Mardi 30 mai

La direction a invité les partenaires sociaux à participer à une réunion au " Relais du Marquis " à Ittre

Un calendrier a été proposé, convenant que la suite des négociations aurait lieu les 6 et 8 juin pour les ouvriers, les 9, 14 et 16 juin pour les employés.

Il est clair que rien de positif n'est sorti de ces deux rencontres. En fait, l'ensemble des travailleurs souhaite, et à juste titre, un dédommagement moral. La direction a, selon ses dires, 425 possibilités d'emplois sans préciser lesquels, ni où! Toujours selon ses dires et suite à l'interview sur une télévision locale de Rik Dobbelaere, vice-président de Bombardier Europe, Bombardier privilégie l'emploi à l'argent. Vous direz que c'est bien,... mais les conditions ???

Les négociations à venir seront difficiles, mais nous nous y appliquerons et feront tout ce qu'il sera possible pour y arriver.

Dernière nouvelle: par un courrier du 30 mai, la direction du FOREM a adressé un constat de carence à la direction de Bombardier concernant le respect des dates convenues dans la loi dite "Renault". Pour le FOREM, la période de négociation n'a pas lieu de commencer, les réponses aux diverses questions posées par les partenaires sociaux n'ayant pas été obtenues.

Mercredi 31 mai

Chaque membre du personnel a, à nouveau, reçu un courrier à domicile contenant un 2ème bulletin d’information qui, ô surprise, ne fait plus référence au n° verts créé par Bombardier. L’enveloppe contenait aussi les documents qui ont été remis aux partenaires sociaux lors de la négociation de lundi dernier.

Constatations :

1. est intégralement retranscrit ici

2. La direction craint que les délégués ne disent pas tout au personnel puisqu’elle remet copie des mêmes documents à chacun.

3. La direction avait signalé lundi que le personnel ne serait plus perturbé par l’envoi de tels courriers. Alors, non-respect des directives, oubli ou simplement un mensonge de plus ? Ce même mercredi, la presse a signalé qu’un courrier recommandé avait été adressé par la Direction régionale du FOREM de La Louvière. Il y est fait mention d’un constat de carence constaté au travers des différents conseils d’entreprises prévus dans le cadre de la loi Renault et que, par conséquent, pour le FOREM, la période d’information n’est pas terminée. Par conséquent, le FOREM déclare que tout licenciement effectué au mépris d’une notification conforme se fera aux risques et périls de Bombardier.

Hervé Hottelart, directeur du site de Manage, ayant eu connaissance, selon lui, de ce communiqué par la presse, saisit son téléphone et signale à M. Alain Debaugnies (Directeur du Forem) que c’est scandaleux d’agir ainsi, prétextant ne pas avoir reçu le courrier. Bizarre, y aurait-il une poste à deux vitesses ? Nous personnel, reçevons toujours le courrier de la direction ! En fait, le FOREM rappelle aussi l’obligation pour l’employeur d’afficher cette notification et ce en vertu de l’articelle 66, par. 2 de la loi du 13 février 1998 portant des dispositions en faveur de l’emploi ! Une copie de cette lettre est adressée au Cabinet des avocats de Bombardier.