Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2012
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

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Les allumeurs de réverbère ont toujours eu dans ce monde la charge de faire naître la beauté, une chose que l’on confond aujourd’hui volontiers avec l’esthétique, ce n’est pas pareil mais cette confusion nous rassure. La beauté est la part réservée des arts, il faudrait être fou pour oser parler encore de beauté politique ou sociale. Qui dirait, par exemple que le travail peut encore produire du beau ? Qui s’y risquerait ?
Notons donc l’évaporation de la beauté. Affichons son avis de disparition, mettons à prix la tête de la beauté, c’est peut–être le seul moyen de la retrouver.
Hé bien justement, il y avait, ce matin, chez Sophie Brems, un allumeur de réverbères. Mexicain. Ingénieur chimiste, mais peu importe, les allumeurs sont de toutes sortes. Vous savez, c’est Sergio Rico, l’homme qui a inventé la pluie solide.
Pluie solide… Déjà qu’il me donne l’occasion de dire pour la dernière fois sans doute le mot oxymoron dans cette chronique — car de la pluie solide c’est du bel oxymore — cet homme vient aussi par un procédé finalement assez simple, inspiré des couches de bébés, de donner aussi une chance à l’avenir.
La pluie solide, c’est une sorte de sucre en poudre, un acrylate de potassium, qui a la capacité d’emmagasiner l’eau et de la solidifier près des racines des plantes et des légumes qu’elle abreuve doucement en permanence. On la réhydrate si l’on veut ou si l’on peut. Ça change l’idée que nous avions de l’irrigation et ça peut aussi arrêter des incendies. C’est économique, c’est inoffensif et c’est joli.
Cette beauté-là, pourtant, n’intéresse pas grand-monde. Sergio Rico, qui l’a inventée il y a 5 ans, ne reçoit que des soutiens polis. Son propre pays, en sécheresse, ne l’utilise pas. On manque d’eau partout, on en manquera. Et pourtant, comment mieux dire qu’on s’en fout.
Tout ça, voyez-vous, c’est de la faute du massif. De comment on l’envisage. Comme quelque chose qui nous pèse sur la tête. Ou alors quelque chose qu’il suffit de prendre à la racine. Allez belle soirée ( on va insister sur belle) et puis aussi bonne chance.
NB. Aux auditrices et auditeurs. Pour cloturer toutes ces années passées ensemble, je vous propose de nous retrouver, si vous le voulez, le vendredi 28 juin dès 18 heures au café " Le Stam ", situé 1 rue Bouré (si,…) à Ixelles (rue Longue-vie/rue de la Paix). Vous pouvez aussi signaler votre présence via la page facebook "Médisant de chroniques, clap de fin ". Bienvenue à toutes et tous.