Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2012
   


 
 
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Au néo-vocabulaire de la crise européenne où figurait déjà Grexit — de Greece Exit, la sortie de la Grèce — il ajoute d’abord, dans son scénario, le mot " Spanic " — de Panic in Spain, panique en Espagne — une Spanic intervenant cet été (c’est demain entre nous soit dit) dès lors qu’on aura vérifié que les 100 milliards européens, s’ils arrivent jamais, seront insuffisants et que l’économie nationale qui continuera de se contracter accélérera la ruée de la population vers les banques pour en retirer ce qu’il reste, bref, la panique. C’est le premier climax de Monsieur Lynn.
Ensuite, voilà qu’il évoque un " Quitaly " — Italy’s quitting, l’Italie s’en va — : une réaction des Italiens devant la part qu’il doivent prendre dans le refinancement ibérique alors que leur propre refinancement sur les marchés leur coûte plus cher encore qu’aux Espagnols. L’Italie menacerait alors de ne pas remplir ses obligations, les Bourses en seraient plus bouleversées encore et le chaos européen renforcé. C’est le deuxième climax de Monsieur Lynn.
Mais la résolution de l’intrigue, la fin du film, l’ultime rebondissement du livre, il vient d’où personne ne l’attendait et réside dans le " Fixit ", soit le " Finnish Exit ", la sortie finlandaise… Un terme on va dire idoine et bien trouvé : la fin sera donc finlandaise dès lors que les Finnois aurant considéré que leur économie, qui se porte à merveille, n’a rien à gagner mais tout à perdre à rester dans l’Euro.
Un pays par ailleurs marqué par une augmentation de l’europhobie, les dernières élections de l’an passé ayant vu une forte progression du parti des " Vrais Finlandais " : 19% des votes. Un tel pays est mûr pour l'exit et cette sortie en amènerait d’autres, l’Euro serait mort et nous ruinés. Telle est donc donc la conclusion, la péroraison, l’apothéose de Monsieur Lynn.
J’oublais. L’an dernier, prêtant la première main à son scénario, il évoquait déjà notre sort à nous, dès que cette Europe communautaire, continentale et non britannique serait partie en fumée.
C’est très simple : “Bruxelles, disait-il, ne sera plus qu’une place où il fera bon de goûter du chocolat”. Ouf, il y aura encore du chocolat. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.