Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2012
   


 
 

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En ce jour du lundi 18 juin 2012, Lorsque, le 30 septembre 1938, Edouard Daladier revint de Bavière où il venait, avec Chamberlain, Mussolini et Hitler, de signer les « Accords de Munich », il regarda au travers du hublot la foule immense qui l’attendait sur le tarmac de l’aéroport du Bourget. Impressionné et penaud, il murmura à son voisin: « Ils viennent me casser la gueule ».
Lequel voisin, un diplomate du nom d’Alexi Léger que nous connaissons mieux sous son nom de plume, le poète Saint-John Perse, lui répondit simplement : " Je les comprends ".
Mais à sa descente d’avion, sur la passerelle, Daladier ne vit que drapeaux en liesse et bouquets de fleurs tendus et n’entendit que des applaudissements et des vivas. L’histoire veut qu’à ce moment, il se tourna vers Saint John Perse pour dire entre ses dents : " Quels cons ! ".
Au même moment, Léon Blum, qui depuis quelque temps n’était plus au gouvernement, indiqua qu’il était, pour sa part, partagé entre " un lâche soulagement et la honte ".
Nous sommes aujourd’hui le 18 juin 2012 et depuis ce matin, ce mot de soulagement nous fait notre journée. Les Grecs ont donc décidé de s’en remettre à ceux-là mêmes qui ont mené la barque de l’Etat vers le gouffre et nous en voilà tous satisfaits, comme allégés et délestés : les gouvernants, les commentateurs, les marchés, tout juste quelques divergents pour s’inquiéter de la reproduction du même. (...)