Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2012
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Les Grecs ne sont pas gens de raison mais de sentimentalisme, dit-il. Religieusement orientés vers un présent tout puissant et un avenir d’apocalypse : “Vous parlez aux Grecs du salut de leur Etat, alors qu’eux sont obsédés par le salut de l’âme. Comment vous faire comprendre? "…
Et de cette interview passionnante qui concerne un pays dont on apprenait hier qu’il avait encore la fabuleuse somme de deux milliards d’euros en caisse jusqu’au 20 juillet, on déduisait qu’effectivement, la culture était décidément une idée neuve en Europe.
On veut dire qu’il faut annoncer aux Européens qu’aucun plan économique ne tiendra jamais si l’on ne consulte pas les poètes. " En Grèce, la Troïka doit changer d’interlocuteurs : rencontrer ceux qui écrivent, qui font vibrer l’âme grecque " ajoute encore Stelios Ramfos.
C’est étrange, mais les richesses de l’Europe se sont fondées sur le nomadisme de ses élites et les croisements culturels qu’il provoquait. Depuis que l’Europe n’est plus un continent mais un espace économique, qui voit-on encore voyager aujourd’hui sinon les sans papiers et les étudiants en Erasmus ? Qui va encore rencontrer les poètes et d’ailleurs qui les connaît ?
Il y avait un Grec, un Domenikos Theotokopoulos, né en Crète au 16ème siècle, il n’était pas poète mais peintre et mieux connu sous le nom de " El Greco ". C’est un surnom espagnol qui décrit un artiste qui a fait ses classes en Italie. Il en aurait eu des choses à dire, sans doute, sur cette Méditerranée qui cherche à se refinancer et qui sombre. Aujourd’hui encore, il inspire la peinture contemporaine, c’est dire s’il aurait pu aider à, comme disait Stelios Ramfos, " nous faire comprendre "..
Alors, ce week-end, on pense qu’on enverrait bien un tweet à l’Europe : " Recherche Greco désespérément ". Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.