Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 

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En ce jour du mercredi 30 mai 2012, "Un coup de dé jamais n’abolira le hasard" écrivait Mallarmé, mais un coup de pie, en revanche, peut fort bien le favoriser. On vient de le vérifier avec Eden qui porte le nom d’un jardin où naquit le péché originel mais que pourtant, semble-t-il, chacun continue à chercher, preuve évidemment que notre besoin de consolation est décidément impossible à rassasier.
On lisait tout à l’heure dans un éditorial du Soir que ce salaire et ces émoluments, enfin bref que le statut d’icône de Eden Hazard demandaient de "véhiculer non pas de l’arrogance, mais des valeurs". Juste et sage réflexion.
A laquelle on voudrait bien adhérer. Mais on se dit que c’est en effet, à bien y regarder, déjà ce qui se passe. Chacun en effet s’en va, comme on le voit, monnayer sa valeur. Et la véhiculer où il veut.
Regardez, on nous dit aujourd’hui que notre Justice — on en parle tous les jours, c’est un sujet décidément magnifique, un puits sans fond qui voudrait en trouver — va s’américaniser encore un peu plus, on pourra transiger, faire des transactions, négocier et payer pour n’être pas poursuivi. Des tas d’infractions ainsi se verront monnayées. Les valeurs atténueront le nombre des années.
Il y a un problème d’accès, entend-on. Seuls les gros salaires pourront se laver les mains. Mais la ministre de la Justice insiste : cela va désengorger les palais et les prisons et accélérer les procédures.
Une idée parmi d’autres : appliquer l’affaire aux demandeurs d’asile avec lesquels nous entretenons aussi des questions procédurières. (...)