Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 
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En Belgique aussi, cela devient parfois assez comac d’encore défiler. Ainsi, et ce n’est qu’un exemple, quelques joyeux agitateurs invitant à une fête rue de la Loi, en novembre dernier, afin de soutenir ironiquement le gouvernement en train de confectionner le budget que l’on sait, se retrouvent aujourd’hui — bien qu’ayant évidemment savamment évité le périmètre de la zone neutre — à devoir se débrouiller avec des amendes pour avoir, notamment et je cite, " dansé sur la voie publique " et après avoir aussi passé une nuit pas drôle et assez musclée dans des cellules glaciales.
Dans le mot " manifestation ", on voit la main. Le mot en vient et l’adjectif " manifeste " voulait à peu près dire : être pris la main dans le sac. Une preuve manifeste, pour exemple, ne doit même pas s’expliquer tant son évidence est éclatante…
De là vint que l’on parla de manifestation divine, non pas que l’on défila au plus haut des cieux, mais que la présence du Christ se rendait visible et que la main de Dieu descendait sur les croyants et leurs églises. Le Moyen-âge en fut très friand avant que le mot prenne sa tournure d’aujourd’hui, à savoir celui de " se manifester ", de se rendre visible, par exemple en exprimant en rue des opinions.
On dirait bien cependant qu’on voudrait en revenir au sens originel : manifester aujourd’hui, c’est être manifestement pris la main dans le sac de nos contradictions démocratiques manifestes. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.