Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 
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Avec ces 100 millions européens alloués à la préservation de ce qui peut encore l’être, Mario Monti voudrait faire de Pompéi le très paradoxal emblème de la relance du pays. Enfin, va-t-on dire, il voulait…
Car comme elle était étrange aussi, cette lecture de la décadence de Pompéi quand elle croisa l’annonce du tremblement de terre en Emilie-Romagne, avec ses victimes, son patrimoine détruit et sa Ferrare meurtrie…
Là, c’est souvent médiéval et renaissant : nous sommes à l’envers de Pompéi et de sa mafia, sur des terres qui connurent la Ligue du Nord et Umberto Bossi avant qu’il ne tombe pour d’autres sortes de malversations financières, mais les mêmes.
De sorte que cette catastrophe naturelle raconte finalement une histoire parallèle à celle de la catastrophe culturelle. Là aussi on appelle à l’aide car un récent décret du gouvernement Monti dégage l’Etat de toute obligation d’intervenir encore financièrement en cas de séismes, d’inondations ou d’éruptions…
On dirait alors que c’est tout un pays qui est donné à lire au travers de ces fracas et de ces fissures, l’état d’un Etat qui craint la faillite et qui faillit. Dont on dirait qu’il en a assez d’écrire son Histoire. Comme si son patrimoine lui pesait, lui qui cherche aujourd’hui de la menue monnaie, avec son PIB contracté et ses dettes à régler.
Comme elle est loin, en effet, la rue de l’Abondance. Mais comme elle est pourtant proche Pompéi. Hier l’Aquila, aujourd’hui Ferrare : on dirait que les ruines, c’est tout ce que l’Italie voudrait léguer au monde. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.