Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 

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En ce jour du mardi 22 mai 2012, Il y avait bien deux pages dans le Monde de ce week-end pour nous prévenir que Pompéi s’effondre. On le savait, on en avait entendu parler plus d’une fois et l’on avait noté, il y a quelques mois, la disparition de la maison des Gladiateurs, située dans la rue de l’Abondance. La rue de l’Abondance, bien sûr, ça ne nous avait pas échappé.
Depuis, il est vrai que l’on en parle moins. Les ruines tombantes de Pompéi ont accompagné la lente chute de Silvio Berlusconi et la longue montée de la crise italienne, c’était comme si elles en épousaient les contours. Pourtant, lit-on, pour un effondrement dont on parle, neuf maisons s’écroulent dans le silence. Berlusconi parti, reste la crise et reste Pompéi. Restent les restes de Pompéi.
Pompéi est ce que l’on doit appeler une catastrophe culturelle. Le site est quasiment à l’abandon. On peut le piller à l’aise. Un historien de l’art raconte avoir fait cette expérience étrange de se filmer dans une villa déserte en train de crier " au voleur ", sans que personne jamais n’intervienne.
Pompéi est mafieuse aussi. C’est la mafia qui régule les marchés. Qui les accapare. Des tas de choses sont ainsi construites qui ne servent à rien, tandis que le reste s’écroule tant le ratio financier de leur entretien ou de leur rénovation est faible.
De sorte que l’on parle aujourd’hui d’une mise sous tutelle européenne de cette ville, palliant par des subventions communautaires la baisse drastique des budgets culturels italiens. (...)