Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 
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Je ne suis pas encore en âge de lutter. Pourtant, je lutterais, si j'avais les moyens ; car il est survenu des faits intolérables qui, dans le déshonneur, font crouler ma maison. Fâchez-vous donc, vous autres ! Ne rougirez-vous pas devant tous nos voisins, les peuples d'alentour? ".
Ça évoque quelque chose, non ? On le sait bien, Ulysse reviendra et défera ces prétendants un à un. Il aura, entre-temps, beaucoup tourné et se sera perdu cent fois. En voyant ce qui se passe ce soir aux Halles — car cela continuera en musique et s’arrêtera vers minuit — je me dis que nous autres aussi sans doute tournoyons et louvoyons, regardant comment les puissants s’arrangent du sort des Grecs sans jamais penser que nous pourrions également accoster.
Nous en voulons aux banques, à la Troika, à la Commission, à Merkel, au FMI et nous pleurons les enfants grecs qui ont faim et ces salaires coupés à 25%. Il serait peut-être temps de se dire que, dans cette affaire, nous sommes à 26 pour 1. Peut-être pas 26, retirons l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, quelques autres. Disons que nous en serions à du 20 pour 1. Il y a bien 20 Belges, Français, Luxembourgeois, Slovènes ou Suédois qui soutiendraient un Grec, non ? Il est question ici de projets, il est question d’idées, il est question de contrats, il est question de financer la relance des gens par les gens : que les autres s’acharnent donc à punir un Etat !
Nous nous mobilisons bien contre les guerres, les famines ou les catastrophes naturelles, pourquoi regardons-nous sans peine se dérouler un conflit économique qui nous entraînera aussi si nous ne faisons rien ou si nous laissons faire ? Peut-être, en effet, serait-il temps de se dire que la relance, c’est nous. Et que l’Europe, c’est nous aussi. Chiche ? Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.