Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 

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En ce jour du mercredi 16 mai 2012, On voudrait mêler sa voix —il est bien temps car l’affaire se termine à 19 heures — à la lecture intégrale de l’Odyssée à quoi se livrent depuis ce matin des gens qui, aux Halles de Schaerbeek, se passent un relais ainsi qu’on apprit, semble-t-il, à le faire à Olympie…
Ce sont " douze heures pour la Grèce ". Une affaire citoyenne, comme on ne dit plus. Quelque chose qui a à voir avec la solidarité entre les gens et les peuples, comme on ne fait plus non plus.
J’ai choisi mon passage. Celui où le jeune Télémaque, fils d’Ulysse convoque l’assemblée des gens d’Ithaque pour dénoncer les puissants et les prétendants qui, en l’absence de son père qui fut le roi de l’île, s’occupent de piller les biens de sa maison et de convoiter sa mère, Pénélope. Je trouve que ça résonne assez.
" Je vois ici des gens, de nos gens les plus nobles, dont les chers fils s'acharnent à poursuivre ma mère, malgré tous ses refus. Quelle peur ils lui font de rentrer chez son père Icare, en ce manoir, où fixant les cadeaux, il donnerait sa fille : selon son choix, à lui, selon ses vœux, à elle !
C'est chez mon père, à moi, qu'ils passent leurs journées à m'immoler bœufs et moutons et chèvres grasses, à boire, en leurs festins, mon vin aux sombres feux, et l'on gâche, et c'est fait, du meilleur de mon bien, et pas un homme ici de la valeur d'Ulysse pour défendre mon toit ! (...)