Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 

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En ce jour du mardi 15 mai 2012, On entendait ce matin que la ministre Turtelboom avait joué à la prison Potemkine hier à Saint-Gilles. Un village Potemkine, on sait ce que c’est : du trompe-l’œil, de la poudre aux yeux, un miroir aux alouettes.
Comme ce que fit, raconte-t-on, le ministre russe Gregori Potemkine lorsqu’il fit visiter à l’Impératrice Catherine II les villages de Crimée qu’il venait de conquérir pour elle. Et c’est d’ailleurs sans doute à tort qu’on les appelle comme cela.
Car s’il les a certainement rendus plus présentables et plus avenants, le ministre n’avait sans doute pas fait bâtir, comme on le dit, des maisons en carton-pâte ni de luxueuses façades bourgeoises pour cacher la misère et épater la souveraine : un Potemkine, en effet, ça part toujours d’une réalité. Ça dépend juste de comment on la repeint.
Et donc, la nouvelle aile de la prison de Saint-Gilles existe bel et bien et elle a été effectivement rénovée et c’est exactement ce que les journalistes invités pour une visite des lieux ont pu vérifier hier en compagnie de la ministre. Quel est le problème alors ? C’est qu’il s’agit là sans doute d’un cas de Potemkine par omission.
Car voilà que, présentée comme un moyen d'augmenter la qualité et la capacité d’accueil — quel mot — des établissements pénitentiaires, il n’a fallu que le temps que la ministre tourne le coin de la rue pour que cette " Aile B " soit déjà surpeuplée. (...)