Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2012
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Les Grecs, de fait en savent quelque chose, que l’on va ramener à la drachme si par malheur, les changements politiques ne voulaient pas épouser les volontés économiques.
La Grèce en dehors de l’euro ? Nous sommes sur une ligne de crête, entendait-on ce matin chez Bertrand Henne : une ligne de crête — l’image était assez évocatrice s’agissant de la Grèce — c’est donc un sommet sur lequel l’on est exposé et visible par tous, mais avec quoi on ne peut cependant faire que deux choses : y marcher dans un incertain équilibre ou bien en redescendre.
Le contraire d’une ligne de crête, cela s’appelle un talweg — le chemin de la vallée, étymologiquement : vous voyez que j’ai bossé mes dictionnaires — par quoi s’écoulent donc les eaux qui viennent du dessus et où se creusent les lits qui font les rivières qui vont à la mer. Comment dire que, en ce lundi 14 mai 2012, nous avons la curieuse impression d’être dans le talweg à regarder ce qui nous arrive de la ligne de crête ?
Et tant qu’à en rester dans la géologie et à fouiller les sols, signalons que — et c’est peut-être l’assonance avec talweg qui nous y fait penser ­— il existe aussi, un peu à l’écart, un endroit que l’on appelle la talvère. C’est un mot occitan qui nomme cette partie des terres que l’on ne peut travailler — le coin d’un champ où la charrue ne peut passer, par exemple — mais sans laquelle, disent les paysans de là-bas, parce qu’elle préserve le sauvage et l‘indompté, le rendement et la production agricoles seraient bien plus faibles. C’est là en effet que viennent les abeilles et les sylphes qui iront féconder un peu plus loin.
La talvère, c’est l’instant de réflexion de la nature qui permet aux hommes de produire. Par ces temps dégressifs, il serait peut-être intéressant de penser la Grèce comme la talvère de l’Europe. Et puis, allez savoir, d’imaginer le chômage comme celle du travail ? Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.