Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2012
   


 
 
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Une civilisation se reconnaissait autant à ce qu’elle produisait qu’à ce qu’elle laissait en jachère. Rimbaud est mort quand il a trouvé du travail. Aujourd’hui, quand on écoute, on dirait bien que le travail fonde la civilisation et à ce que l’on vient d’entendre, il n’y aurait pas de civilisation sans frontière, et c’est intéressant de voir comment les discours se croisent à la veille du premier mai, le travail et les frontières…
Là-bas, dans un pays frontalier un peu au Sud, on dit qu’il n’existe pas de nation sans frontière, pas d’Etat sans frontière, pas de morale sans frontière, pas de civilisation, donc, sans frontière et l’on se dit : heureusement qu’il reste quand même des médecins sans frontières.
Ici, une dame du Nord, ministre de l’Emploi, nous parle aussi des frontières et du travail : elle proclame l’immigration choisie et le désir d’étrangers désirés. Des postes manquent en effet dans une situation de trop plein de chômage, des emplois sont à pourvoir et personne ici ne peut les assumer de sorte qu’il va falloir aller chercher ailleurs, non plus les éboueurs mais les ingénieurs. Notre civilisation par le travail est parfois déconcertante. L’on sait depuis belle lurette qu’il faudra de l’immigration afin de répondre à ces défis impensés que sont par exemple les pensions et la sécurité sociale. L’Europe et l’OCDE l’ont déjà claironné. Et c’est drôle d’avoir chez nous des gens dont on ne veut pas et des gens ailleurs qu’on voudrait bien.
On dirait bien que la logique non plus n’a plus de frontières. Pas plus que le premier mai... Ah ça… Le bon Dieu est socialiste, disait-on chez moi : il avait beau pleuvoir le 30 avril et tonner le 2 mai, le 1er, c’était toujours soleil. Maintenant que le 1er mai n’est plus socialiste, regardons donc demain s’il y a du soleil sur la France. Le reste n’a plus d’importance. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.