Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2012
   


 
 

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En ce jour du mardi 24 avril 2012, La France d’en bas, c’était donc la sous-France : les mots étaient là pour le dire, mais on ne les entendait pas. Il y avait trop de bruit. Ça cliquotait, ça faisait bling bling.
C’était assourdissant, les sons venaient de partout en même temps, il y avait de l’écho et jamais de silence. A Florange, chez Arcelor, ça couvrait même le bruit des aciéries en train de fermer.
La France d’en bas est en souffrance, nous dit-on aujourd’hui, une fois les urnes dépouillées, comme un corps social qu’on aurait autopsié. La sous-France souffre de ne savoir vers qui porter ses douleurs et à qui présenter ses écrouelles. On se précipite à son chevet. On l’ausculte. On dit : cette souffrance est exogène, elle est due aux autres. Au monde, à l’étranger, à la concurrence qui mangent l’identité, insécurisent la sécurité et dévorent le travail.
On entendait hier Nicolas Sarkozy, par exemple, comme à court de mots pour haranguer le labeur et la sueur. Répétant sa réponse à la sous-France : le travail, le travail, le travail. Et encore, du véritable travail ! Du dur, du vrai, du tatoué, du travail qui se lève tôt et se couche tard ou ne se couche même pas comme le soleil sur l’empire de Charles-Quint.
Ah ça : le véritable travail, c’est celui du travailleur qui gagne plus que le travailleur qui ne travaille plus ! C’est cela qu’il proclamait, le candidat en promouvant sa fête du vrai travail, son rassemblement laborieux du 1er mai. (...)