Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2012
   


 
 

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En ce jour du lundi 16 avril 2012, Où en étions-nous donc restés, depuis le temps qu'on ne s'est pas parlé ? Quinze jours dans le cocon d'un printemps dur à naître et qu'est-ce qui s'est passé durant cette trêve de Pâques à part le Titanic qui a coulé il y a cent ans ?
Hé bien, quinze jours de minutes de silence, je dirais. Cela fait un moment en effet que l'on observe que ce pays se fige de plus en plus. De deuil national en recueillements collectifs quelque chose s'arrête, quelque chose est arrêté : la grève même semble aujourd'hui la forme achevée de la communication publique de l'émotion.
Et comme elle fut exemplaire, n'est-ce pas, cette sorte de diagonale tracée dans l'actualité entre le meurtre d'un superviseur des transports publics, le malaise des prisons criminogènes et les évasions violentes que l'on y tente et que l'on y réussit. Comme si nous progressions pas à pas dans la découverte des causes des conséquences, comme s'il nous fallait commencer par la fin pour comprendre le début.
Nous avons déjà parlé ici même de ce surmoi collectif qui nous manque, remplacé par un tout à l'ego qui fait de la satisfaction immédiate des instincts la valeur cardinale de gens à qui personne n'apprend plus à mettre la main devant la bouche quand ils toussent. (...)