Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2012
   


 
 

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En ce jour du mercredi 14 mars 2012, Parfois, il faut bien l’avouer, la chronique est un exercice difficile, disions-nous hier. Et la matinée, bien sûr, fut bouleversée, sans rien dire de la journée.
Aussi s’est-on posé la question si, dans ces conditions, il fallait vraiment encore ajouter des mots, si c’était bien convenable, si ça convenait. " Ce dont on ne peut parler, il faut le taire ", disait le philosophe Wittgenstein. Mais ce dont on parle trop, aussi, sans doute, il n’en faudrait peut-être plus rien dire.
D’où vient alors que l’on parle quand même ? Peut-être parce que l’on a entendu tout à l’heure ce Conseiller suisse dire que, devant un tel événement, pour la parole, " il n’y a pas de cahier des charges ".
Et que c’était là sans doute la chose la plus proche du malheur que l’on avait exprimée durant cette journée. A la fois la plus fragile et aussi la plus forte. On s’est dit alors que pour le silence non plus, il n’y avait pas de cahier des charges.
On lisait tout à l’heure l’interview de Michel Butel, l’un de ces hommes avec qui l’on est content et fier de partager le même temps. Michel Butel vient de lancer, en France, un nouveau journal qui s’appelle " L’Impossible " et à propos duquel son vœu le plus cher, dit-il, serait qu’il " se froisse, qu’il se dégrade vite ". (...)