Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2012
   


 
 

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En ce jour du lundi 6 février 2012,C’est passé presque inaperçu dans le flot gelé des choses qui passent, mais une caravane qui roule est désormais un domicile fixe. C’est la Région bruxelloise qui a acté cela il y a quelques jours et il n’est pas inopportun d’y revenir par les temps que nous vivons.
Ceux, n’est-ce pas, où l’on se terre dans des abris d’urgence… Ces caravanes devenues domiciles à part entière, ce sont celles des gens du voyage jusqu’ici privés d’une série de droits — et de devoirs aussi par ailleurs — puisque la législation jusqu’à ce jour confondait les mots domicile et immeuble : pour s’inscrire dans une commune il fallait du dur, du stable, de l’enraciné.
Et ce que l’un des auteurs de la proposition, Vincent Lurquin, appelait joliment le paradoxe "du résident-nomade ou du mobile-sédentaire" empêchait en effet jusqu’ici que cette antique alternative à la brique dans le ventre que constitue la caravane —on ne dira plus la roulotte — soit reconnue comme un lieu de résidence légal.
Ce n’est plus le cas. A Bruxelles, donc, pour la circonstance. Et c’est peut-être un des bienfaits de la régionalisation que des droits acquis ici puissent inspirer des lois manquantes là-bas. La Wallonie doit se trouver en effet bien isolée, elle qui n’a pas d’aires de stationnement pour nomades comme en Flandre ou de législation domiciliatrice comme à Bruxelles… (...)