Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2012
   


 
 

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En ce jour du mercredi 1er février 2012, Nous vivons décidément dans un monde trop plein de gens. Il y a trop de gens partout. Il y a trop de gens dans la rue : on veut dire qui y dorment. Il y a trop de gens aussi en prison : on veut dire qui pourraient dormir ailleurs.
On lisait cela ce matin dans les pages d’un journal, ce n’était pas les mêmes pages, mais c’était le même journal.
Et l‘on se disait que ces surpeuplements devaient forcément avoir partie liée car, évidemment, quand on a fini de dormir avec trop de gens en prison, il n’est pas exclu non plus qu’on aille dormir avec trop de gens dans la rue.
Mais que fais-je là à mélanger les paillasses et les cartons ? Je démarre ma chronique en étant hors sujet : ce n’est pas qu’il y ait trop de gens, c’est simplement qu’il fait trop froid. Et on voit plus les gens en trop quand il y a moins de température, c’est comme ça. Le froid a cette vertu subtile de rendre l’invisible visible comme on observe mieux les pas laissés dans la neige.
Ce matin donc, Peter De Roo, le délégué gouvernemental aux places d’accueil — c’est son titre et c’est aussi désormais un métier — annonçait par voie de presse à sa ministre de tutelle, Maggie De Block, que, je cite, le droit d’asile était piétiné dans notre pays. C’est ce que je disais : on voit beaucoup mieux le piétinement quand l’hiver vient.
Et Peter De Roo — qui a un titre mais qui ne parvient pas à faire son métier — de contester la tempérance ministérielle en matière d’urgence. On n’a pas fait ce qu’il fallait faire, on a même décidé du contraire : comme une sorte de mise en abyme des décisions crâneuses qui nous parlent par exemple des régulations bancaires ou de l’emploi qui si on veut on peut. (...)