Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2012
   


 
 

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En ce jour du mercredi 25 janvier 2012, C'est peut-être ce sentiment d'hiver qui vient et ce gris qui perdure. Aussi cette chronique sera-t-elle comme un long plan séquence presque immobile; on ne changera pas d'axe; il n'y aura pas de contre-champ, mais on écoutera de la musique.
Il y avait toujours de la musique chez Théo Angelopoulos - c'était souvent celle de Eleni Karaindrou, elle est presque plus célèbre que ses films - et ce qu'il donnait, lui, c'était du temps, de longues plages où le brouillard venait souvent. Il y avait toujours des gens à la parole rare. Ses images étaient comme une chorégraphie de la déchirure et de la perte. Angelopoulos cadrait à merveille la condition humaine : on veut dire comment vont les hommes quand ils sont pris dans les tourbillons de l'Histoire et comment ce qui fait le politique construit aussi l'individu. Au total,quelqu'un de toutes les mémoires et de toutes les Europes.
C'était donc un cinéaste réputé lent renversé hier par une moto rapide à Athènes, comme Antonio Gaudi par un tram à Barcelone ou Emile Verhaeren sous un train à Rouen. On peut mourir de la vitesses des autres, il y a toujours des gens plus pressés qui ne comprennent pas que la lenteur n'est pas le contraire de la rapidité, pas plus que la gravité ne serait l'antonyme de la légèreté. (...)