Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2012
   


 
 

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En ce jour du lundi 23 janvier 2012, En cette journée où tous les médias de cette maison nous appellent à la résilience en testant nos diverses capacités d’adaptation à la crise économique, je m’en voudrais de ne pas participer à ma façon à cet exercice hautement salutaire et bellement solidaire en redescendant avec vous au jardin.
Je dois d’abord vous dire que j’en ai parlé, pas plus tard que ce dimanche, avec mon père qui est une sorte d’augure jardinier : excusez du peu, mais il avait aggrandi d’un mètre son potager un mois avant les subprimes de 2008 et a remis ça l’an dernier, mais en plus petit, juste avant le clash de Dexia.
Je vous annonce donc qu’il a décidé d’y aller beaucoup plus fort en 2012 et d’en créer un deuxième, de potager, se dépouillant pour cela de quelques carrés de pelouse : il faut ce qu’il faut, n’est-ce pas, et ce sacrifice vaudra bien, espère-t-il, quelques savoureux dividendes.
Le rêve de mon père, je dois le signaler ici, est que l’on vienne lui voler ses légumes. Il est comme ça. Il donnerait cher pour filer une botte de radis à qui lui chouraverait ses salades. C’est pour ça qu’on attend impatiemment le printemps. Pour bêcher nous-mêmes un potager à usage collectif.
Il faut vous dire que mon père est un observateur international avisé et attentif et qu’il a bien noté ce qu’avait écrit un jour l’économiste Bernard Maris : que le potager était l’avenir de l’homme et que, du temps de l’Union soviétique, si la production dans les fermes publiques était dérisoire et piteuse, les potagers privés, quant à eux, fournissaient près d’un tiers de la production nationale. (...)