Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2012
   


 
 

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En ce jour du mardi 17 janvier 2012, Il y aurait peut-être beaucoup à dire et à déduire de ce paquebot clinquant cabotant le long de côtes et s’éventrant sur un rocher — ce serait celui de Sysiphe, nous n’en serions pas plus étonné que cela...
C’est une image qui fait sens malgré elle : ce que nous voyons vraiment est un bateau échoué, ce que nous regardons pourtant est un immense naufrage. Mais du quel s’agit-il ? Du nôtre, peut-être ? Ici et là, en effet, dans la presse et ailleurs, l’on a dessiné des analogies entre l’échouage de ce bateau de plaisirs et la fin de l’empire romain — pardon européen — que nous vivons un peu plus tous les jours : les ordres en effet sont les mêmes — "Ne paniquez pas, tout est sous contrôle" — et le capitaine regarde pourtant depuis la côte couler, à deux brassées, le bâtiment rutilant d’une prospérité en allée.
On se dit : il aurait dû naviguer en haute mer, ce paquebot, et chercher l’aventure vers là où le soleil se couche, mais non, le cabotage, décidément, est un métier de cabot et l’on avait oublié qu’une croisière, après tout, ce n’est jamais que du sur place qui bouge.
Et comment bougeons-nous, en effet, sinon de façon immobile ? On a l’impression que rien ne se déplace et pourtant tout tangue. L’illusion du rythme de croisière abuse nos sens. Et nous en sommes toujours à croire que quelqu’un, quelque part, aura au moment fatal le réflexe salvateur. (...)