Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2012
   


 
 

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En ce jour du mardi 10 janvier 2012, Ah ça, on la voudrait bien un peu la froidure, celle qui nous ferait givrer à nous enchifrener, à nous faire sortir fissa nos bonnets et nos cache-nez. Ah, on les attend longtemps, les grandes froideurs et le muflier déjà donne sa fleur tandis que les crocus viennent de terre comme si l’humus aussi avait oublié le catéchisme des temps. Et on ne sait pas exactement laquelle des quatre saisons de Vivaldi il nous faudrait écouter aujourd’hui.
Les cafés résonnent de ces admonestations. On peste. Il fait trop doux pour janvier comme il a fait trop chaud pour décembre et si on n’avait pas eu les vents coulis qui ont fait tourner les éoliennes, on se serait bien retrouvé attablés aux terrasses des cafés qui sont restées plantées, chaises et tables posées comme disposées à contrefaire l’été.
Nous regardons les nuages, la lumière reste basse malgré tout et l’on se dit que ce temps est un temps de mildiou et déjà à la radio, on parle du prix des fruits à venir, qui risquent de pousser peu ou mal ou pas.
Et la question aujourd’hui est celle du synchrone, ou à mieux dire, de la phénologie, ce qui rythme les saisons et les espèces. Qu’est-ce qui ne va plus, par exemple, entre le temps des chenilles et celui des mésanges ?
Les chenilles observent le chêne dont elles se nourrissent et viennent comme jamais quand le ciel est favorable et que les jeunes feuilles commencent à pointer. Les chenilles cette année, nous disent les biologistes, seront en avance. (...)