Lautresite, le jour, les billets du mois de janvier 2012
   


 
 

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En ce jour du lundi 9 janvier 2012, Chères auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains, ah, ça il n’aura pas fallu une semaine pour que l’année deux mille "douce" devienne l’année deux mille "dure".
On a lu cela partout, n’est-ce pas : sur toutes les cartes et sur tous les mails de vœux. De partout on l’a vu survenir cette jolie assonance entre douze et douce, laissant accroire que ce nombre pair serait aussi un chiffre favorable. Deux mille douze serait-elle donc douce ? C’est peu dire qu’on le souhaitait, qu’on l’espérait et qu’on le réclamait.
Il faut bien avouer pourtant que cette belle insistance et ces incantations répétées nous ont laissé de marbre. Nous n’y avons pas cru une seconde. En grand sceptique devant l’éphémère, nous attendions plutôt, quant à nous, que cette année dévoile au plus vite ses intentions méchantes et ça n’a pas raté : les Hongrois ont ouvert le feu avec leur catalogue de mesures laissant à penser qu’Ubu avait changé de royaume et qu’il régnait désormais sur un nouveau Nulle Part, capitale Budapest, et qu’il se moquait comme d’une guigne de cette agence de notation des droits de l’homme ayant pour nom Amnesty international ainsi que des cris d’orfraie de ceux qui ne comprennent décidément pas où se trouve l’avenir de l’Europe, c’est-à dire entre feta et goulash, ou pour mieux dire avec feta et goulash, un condensé de Grèce et de Hongrie : si vous n’aimez pas l’un vous goûterez l’autre, à moins qu’on ne vous ne preniez un peu des deux. (...)