Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2011
   


 
 

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En ce jour du mercredi 21 décembre 2011, On sait bien comment s’appelle une année qui prend son temps pour s’étirer en longueur : c’est une année bisextile, et 2012 en sera une. En revanche, une année qui se termine plus tôt que prévu, ça n’a pas de nom.
C’est dommage. Parce que là, je vous signale la fin anticipée de ces chroniques 2011 : demain, en effet, nous ne serons pas de piquet, ce qui est une façon de dire, bien sûr. Et comme il est de coutume, à cette époque de l’année, de se retourner et de faire l’anamnèse des événements qui ont marqué et imprimé le rythme des jours, on va dire ça comme ça : on ne se souvient de rien.
Tenir le registre des jours est en effet un exercice délicat pour la mémoire. C’est comme si tout s’effaçait une fois écrit. Comme si l’année entière n’était qu’une marée montante et descendante et nous autres, qui tenons les comptes du temps, des bancs de sable, une plage, une grève si j’ose. C’est comme si le cerveau et les doigts se déchargeaient, au fur et à mesure, de ces événements qui les avaient marqués au fil des douze derniers mois. Comme s’ils avaient été dégradés, eux aussi, par ce sur quoi il leur a bien fallu écrire…
Dans ces conditions, une seule solution : faire appel à sa mémoire longue et se reporter, par exemple, dix ans en arrière. Il y a dix ans, figurez-vous, nous attendions l’euro. On avait tous des calculettes qui convertissaient le prix de nos achats et on savait que l’unité valait 40 francs et quelque chose. (...)