Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2011
   


 
 
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comme quoi, ce système népotiste et mortifère recèle pour qui veut bien chercher et fouiller un peu quelques bénéfices dissimulés : voici donc un régime dont les glorieux héros se dénotèrent en effet eux-mêmes : nul besoin de Moody’s ou de Fitch pour les y mener. Ils y vinrent tout seuls : gloire leur soit donc rendue. Ils ont été et seront de bon fumier.
Le président tchèque mort ce week-end est d’une trempe bien différente. Un dissident, un poète, un homme politique qui fut l’un des Européens essentiels du siècle dernier. On le pleure sincèrement et on lui rend ici tout ce qu’on lui doit. Le premier printemps des peuples, celui de 68, et le mur tombé de 1989 : c’est un peu de notre histoire que l’on enterre et c’est de notre disposition de nous révolter encore qu’il est question.
Et de ce court texte fort qu’il écrivit contre les mots qui trompent et qui mentent, retenir que le but de toute vie d’honnête homme est peut-être bien de déceler l’orgueil qui se dissimule sous les discours et les dogmes, de même que de se défier, je le cite, "des œufs de coucous" qu’ils déposent et qui, pour ce que nous en voyons, éclosent et mûrissent toutefois tous les jours.
C’est de cet orgueil que nous sommes en effet toujours victimes. Cet orgueil qui prend des chiffres pour détruire des vies, une fiction sur quoi nous continuons obstinément de construire nos politiques. Ce président poète nous quitte et on le célèbre ici pour cette voix et cette vision qui ont lutté contre les prisons intellectuelles où nous enfermons notre pensée et nos volontés. Et qu’il prenne donc cette pirouette d’écriture comme il se doit : comme un signe de connivence, une sorte de dissidence peut-être envers les discours, les dogmes et les coucous.
Car si, dans cette chronique, je n’ai pas dit les mots "Agences de notation", c’est que décidément il y a trop de A dedans. Et sur ce : belle soirée et puis encore bon vent.