Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Ah ça, à les entendre, il faudrait bientôt prendre les armes.
Mais c’est cela, précisément, n’est-ce pas : c’est de prendre les armes dont il s’agit, c’est de les avoir prises. La question du pourquoi, celle que tout le monde se pose aujourd’hui, s’efface alors devant le comment. Comment vivre avec des gens qui aiment tellement les armes et qui se détestent assez pour s’en servir ? Et à qui plus rien n’offre de barrières, quand on fait de l’immédiateté et de sa satisfaction la valeur cardinale ?
A Florence non plus, hier, ces barrières n’ont pas tenu. Deux vendeurs sénagalais abattus par un type d’extrême droite : l’obsession du nettoyage gagne, ça doit briller tout de suite. Le temps long de la Justice et du social ne peuvent pas grand-chose contre l’urgence de ces pulsions et de ces purifications, ultime refuge de cette notoriété instantanée après quoi on nous apprend partout et tout le temps à courir.
C’est pour cela qu’il nous faudrait prendre le temps du silence. Ou alors, peut-être, entendre ce que l’on appellera « une parole norvégienne ». Celle d’un Premier ministre rappelant crânement qu’on ne laissera pas gagner ce qui exclut et ce qui salit. Car salir le malheur c’est abîmer encore plus la mort des gens.