Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 
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Sinon que la restriction et la soustraction sont le ciel et la mer de l’imagination politique et que hors "des moins de ceci" ou "des moins de cela", d’une austérité ici et de la rigueur là-bas, on ne voit rien qui nous entraînerait à prendre la mer et à nous en aller découvrir, à la rame, de nouveaux mondes.
Oh, ce n’est pas que l‘on plaide ici pour avoir du plus, c’est simplement que l’on voudrait du mieux. Car n’en déplaise aux trésoriers publics, l’épargnant n’investira pas pour 4% dans la survie de l’Etat, car c’est un rêve trop petit et étroit quand c’est dans le rêve justement qu’il nous faudrait investir.
Tenez, les bras nous en tombent depuis quelques jours, d’entendre ces questions répétées sur les voitures de société, tandis que ce que nous voudrions entendre c’est ce que nous ferons d’une société sans voitures.
On veut dire (et bien sûr qu’on sait qu’il y aura encore des voitures) qu’à prendre tant d’attention à accompagner la mort du vieux monde, on ne prépare pas la naissance du nouveau dont la gestation nous paraît pourtant avancée.
Dans une population, on ne peut pas faire appel qu’à l’argent : il faut aussi appeler les gens. Et dans les gens, il ne faut pas aller chercher que les peurs et les soucis. Il faut voir plus grand. Réécrire le contrat social. Nous redonner des raisons d’être ensemble. Imaginer un futur commun, vivable et équitable. Et inventer. Voilà, inventer. On verrait bien alors si les gens investiraient à du 4% ou bien à du 100%...
Car il existe dans ce pays, Monsieur le Premier ministre, 11 millions de sujets qu’il vous faut transformer en autant de projets. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.