Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 
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Alors hop, fonçons fissa vers l’éclaircie. Hier, dans Face à l’Info, j’entendais Eric De Keuleneer parler de la fortune privée des Belges — près de 2000 milliards d’euros, disait-il — et commenter la chose en disant qu’il y avait là de quoi financer largement l’Etat ses pertes et ses besoins, mais voilà personne n’oserait demander quoi que ce soit à qui que ce soit ; les politiques ont peur disait comme en écho ce matin Vincent de Coorebytter et moi j’ajoute : voilà ce que c’est quand on s’occupe plus des voitures de société que du contrat social.
Et l’on en vient à penser qu’une société qui a passé son temps et son énergie à rémunérer au plus haut les emplois les plus nocifs pour sa survie même et à confiner les emplois les plus utiles à tout le monde dans une sorte de pré-précarité mérite son sort et ne trouve finalement que ce qu’elle a bien cherché.
Ah ça, quand on gagne cent, mille fois plus à faire trader qu’à être infirmière, il n’y a pas photo : la prise de sang sera mauvaise et laissera des bleus sur la peau. Et pourtant, on le sait bien, c’est bien sur les infirmières qu’il nous faudra compter si l’on veut que les petits ruisseaux fassent les grandes rivières dont parlait Eric De Keuleneer. Sinon sur qui ? Surtout qu'elles sont plus nombreuses que les traders...
Le problème, à ce qu’on a compris, c’est qu’elles font peur, les infirmières. On ne sait plus comment leur parler. Et on n’ose même plus. On ne sait plus non plus comment les écouter. On a mal aux oreilles.
Or donc, au moment où l’on vient de comprendre que la vraie voiture de la société, c’est une ambulance, on se dit que pour une fois, une fois seulement, ce qu’il nous faudrait vraiment entendre ce sont les sirènes. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.