Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

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Cela m’avait surpris, en effet, de trouver, nichée dans l’enceinte d’une longue ferme en bord de route, une épicerie de village. Véronique avait ouvert cela. Elle était revenue à Ciergnon juste pour ça et pour quitter le chômage. L’épicerie s’appelait "Cannelle et Origan" et l’on y trouvait tout ce qui fait le panier de la ménagère et quelques jambons du pays. 
C’est devenu assez rare, une épicerie rurale, alors une nouvelle épicerie rurale, pardon, mais j’étais entré me rendre compte de comment l’on tente de relancer sa vie à soi et d’en redonner un peu aussi à des rues endormies.
Véronique avait ouvert son magasin avec un coup de pouce de la Région. C’était ce que l’on appelle un projet de couveuse. Elle avait neuf mois pour réussir. J’ai discuté avec Véronique. Le temps d’en savoir plus et de sortir content. Le temps a passé et puis j’ai reçu, c’était en mai je pense, une petite carte postale. Il était écrit : "Je suis désolée, mais je dois vous dire que j’ai échoué".
Alors, je me dis qu’aujourd’hui, il y a au moins deux façons d’entendre cette phrase à Ciergnon : je suis désolé, mais je dois vous dire que j’ai échoué.
Et qu’on aurait bien voulu à tout prendre que la noria des voitures qui, ces dernières heures, passent sans la voir devant l’ancienne épicerie de Véronique s’y arrêtent lorsqu’il était encore temps pour tenir colloque avec la tenancière à propos, par exemple, des chômeurs qui se lèvent tôt.
Et si vous voyez dans cette histoire une quelconque relation avec la situation du pays aujourd’hui, c’est que cette chronique, si c’est moi qui l’ai écrite, c’est vous qui l’aurez lue. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.