Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 
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Je ne connais pas Aldo. C’est simplement que j’ai lu le mémoire qu’a consacré à ces potagers populaires une étudiante de l’Ulb, Manoelle Vanschepdael, une chose au final très poétique qui vous donne un furieuse envie de retournement de terre et d’enfouissement de bêches. On y lit ce qu’on croyait savoir : que ces potagers sont lieu de plaisir d’être et de faire autant que d’économies et d’épargne. Un potager aujourd’hui, c’est une petite tire-lire, un compte à vue dont les intérêts sont à la hausse si même l’acte y est le plus souvent gratuit : les récoltes se donnent entre voisins si elles sont trop abondantes.
Mais on découvre aussi, dans cette étude, que les potagers sont aussi des lieux de conflit, que la question de la gestion des parcelles et de l’éradication des mauvaises herbes sont premières et qu’un jardinier n’est pas nécessairement non plus un écologiste.
C’est peut-être pour cela que l’agriculteur vert Pierre Rabhi prétend que cultiver son jardin est d’abord un acte politique. Sans doute parce qu’il y a tout, là-dedans, qui fait les plaisirs et les difficultés du vivre ensemble. Un jardin collectif, finalement, c’est un microcosme dans lequel il n’est interdit d’observer comment vont les choses du monde, collectives elles aussi, plus grandes et pas moins conflictuelles.
C’est peut-être bien aussi pour ça que vider une entreprise ou brûler un jardin, c’est la même chose. Parce qu’on choisit. On choisit de se choisir. Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.