Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 15 novembre 2011, Hubert Nyssen, qui est mort samedi dernier, avait écrit un jour quelque chose que je cite de mémoire : "A tout prendre, les gens des montagnes de pays différents ont plus en commun que les gens des montagnes et les gens de la mer d’un même pays".
Et si je la cite de mémoire, c’est que ma mémoire l’a gardée. Un peu déformée sans doute aussi. Mais ce n’est pas grave, c’est souvent la déformation qui permet de regarder autrement ce que d’aucuns pensent voir tout net : je le sais, je porte des lunettes.
Et donc cette phrase m’a accompagné longtemps tel un sésame, une clé, une façon d’ouvrir les choses et les événements. Pourquoi donc, vous direz-vous ? Elle n’a rien d’extraordinaire, c’est à peine une fulgurance. Hé bien non, c’était bien plus.
D’abord, elle disait en peu de mots la défaite des nationalismes qui font de la terre et des frontières leur crédo et leur évangile. Ce n’est pas la nation, disaient ces quelques mots, qui fait la nature des hommes. Non. Ce serait plutôt leurs particularités qui crèent leur universalité. Voici donc une phrase qui eut pu être écrite au 18ème siècle : elle sent son Voltaire ou son Montesquieu. Comment elle a cheminé jusqu’à Hubert Nyssen, je ne sais, mais elle a pris son temps aussi pour venir jusqu’à moi. A l’arrivée, c’était une belle promesse et une précieuse découverte. (...)