Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 
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Que ça n’ait pas gêné commence à gêner, on dirait. Des boys-scouts construisant des cabanes, raillait tout à l’heure sur ces antennes l’excellent Edouard Delruelle. Que l’on ait momentanément remplacé le rapport de force par la force des rapports en créant un espace de bienveillance paraît aujourd’hui incongru. Et l’on eût dit que le G1000 avait simplement pris un peu d’avance sur la journée mondiale de la gentillesse.
Ah, que l’on nous bastonne donc pour avoir permis cela : que le débat public s’établisse sans rodomontades, éclats de voix et poings sur la table. Et que, de fait, pendant un moment, un retraité sûr de lui rencontre à sa table ce chômeur qu’il entendait priver de ses droits, parce que bien sûr, c’est un fainéant. Et qu’ils se quittent dix heures plus tard dans un entendement sinon dans une entente. On comprend que cela soit désarçonnant, mais on sait aussi que cela n’enlève rien à ce qui fait la contradiction ou le conflit et qui si ça n’entend pas les effacer, ça permet au moins de les éclairer.
La force de ce G1000 qui n’est pas fini — il se terminera en avril prochain — est sans doute de réunir sous la bannière d’une démocratie à sauvegarder des citoyens qui se pensaient en catégories et s’imaginaient séparés, y compris de leur propre parole. Alors, il n’y a rien à faire, on aime bien en être, du G1000.
En sortant, on a vu que le monde extérieur était vraiment extérieur. Ainsi, en quelques heures, deux nouveaux Premiers ministres, en Italie et en Grèce, avaient été nommés sans être élus. C’était un paradoxe étrange et dérangeant qui fit un peu frissonner dans ce novembre indien. Mais ça, c’était les résultats du G20. Pas du G1000. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.