Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2011
   


 
 
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Là, elle venait d’en haut, du haut de la Thessalonie, du gouvernement même de cette région pauvre. Mais pas des gens. Ce madré de Papandreou est bien capable de me rouler dans la farine en prétendant donner la parole aux gens, me suis-je dit. Et je me suis demandé si ces habitants-là n’était pas la forêt qui devait cacher l’arbre Papandreou. J’étais très hésitant.
Mais le temps que je pense cela, c’est Merkel et Sarkozy qui sont venu frapper et je n’avais toujours pas de bonbons. Merkel et Sarkozy — ils vont toujours par deux, on les appelle plutôt Merkozy — n’avaient pas l’air contents. Alors, hop, un autre tour de cochon ! Mais les pouvoirs de Merkozy sont bien plus forts que ceux de Papandreou : eux, c’est le référendum qu’ils ont changé en quenouille en transformant simplement la question. C’était bien joué. Et ça venait d’encore plus haut que la Thessalonie : de la Bicéphalie, cette région qui domaine l’Europe et ses habitants. C’était trop fort. En un coup, un seul, Papandreou s’est évaporé.
C’était fini. Merkozy avait gagné et on allait voir ce qu’on allait voir avec les autres sorciers du G20. Mais là, rien à faire contre les poudres chinoises, les aiguilles brésiliennes, les yogis indiens ou le poker américain. Ils n’ont pas trouvé la formule et aujourd’hui, les habitants écoutent à la radio les imprécations des docteurs de l’austérité et le rigueur. Personne ne parle plus de donner la parole aux gens. Personne ne parle plus de leur donner quoi que ce soit, d’ailleurs, aux gens.
Tout ça est parfaitement triste et dommageable parce que moi justement, j’étais enfin prêt et avec mon pote Tobin, vous savez celui de la taxe, on serait bien allé, vous savez quoi ?, leur apporter des bonbons. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.