Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2011
   


 
 
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Mais ça n’a pas marché. Bref, Peter m’a quitté dépité en répétant que la seule solution c’était de faire encore plus du même et qu’on avait toujours fait comme ça. J’ai rayé le directeur de la FEB de la liste de mes voisins. Sympathique, mais lassant. Je n’avais pas envie de m’ennuyer dans mon village fantôme.
Le soir, entre chien et loup, j’ai reçu un appel de Pierre Larrouturou. Pierre est Français. Il vient du pays basque. J’ai d’abord été un peu étonné. Il n’y a pas de village fantôme dans le sud ouest, j’ai demandé ? Si, il m’a dit. C’est justement pour ça que je t’en parle.
Bon, il causait à Face à l’Info, chez Eddy Caekelberghs. Mais je savais que c’est à moi qu’il s’adressait. Avec moi comme voisin, me disait-il, on ne va pas traîner et on s’amusera bien pour que le village revive. D’abord, on change la fiscalité, on n’a pas peur de faire comme Roosevelt et de taxer les plus riches qu’on a quasiment exempté depuis 30 ans. Ensuite on installe fissa la taxe Tobin et on crèe un impôt européen sur les bénéfices.
Et puis, on rend l’emploi durable et le plus égalitaire possible, on regarde comment font les Allemands avec leur KurzArbeid où on ne licencie plus : ne cherche pas si tu veux que ton village vive en paix, il faut de la justice sociale et de la solidarité. Et puis les jeunes, on les fera participer aussi en créant un service civil pour la collectivité. Bref, dit-il, tu trouves quelques voisins, on réfléchit un peu et on avance vite fait. J’ajoute, a-t-il dit, qu’il faudra penser aussi à abonner les gamins à des journaux. C’est important. Et ça fera revenir le facteur.
Demain matin, c’est décidé, Pierre déposera ses bagages dans mon village fantôme. Comme ça, on sera déjà deux. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.