Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 25 octobre 2011, Certains jours, on ferait bien ce rêve étrange et pénétrant d’être un village fantôme. Un hameau à l’écart des affaires du monde où aucune cheminée ne fume, où aucun chien n’aboie, où le facteur même n’a pas de raison ni votre téléphone de réseau.
On a lu cela, n’est-ce pas, qu’en région germanophone, à Amblève, Amel, un hameau perdu ayant perdu son dernier habitant avait laissé cinq grandes fermes vides et un petit cimetière de sept tombes grises dont on aime à penser qu’il est le plus discret de Belgique.
On se ferait bien aujourd’hui citoyen de ce fantôme là. De ce désert vert qui invite à la respiration des champignons. Que rien ne vient transgresser sinon les arbres qui oublient l’été et les feuilles qu’ils laissent sous eux : quelque chose de terriblement rustique pour se dédire de la forfaiture des hommes.
A Stephanshof, c’est le nom de ce non lieu, ils n’ont pas ce que nous avons ici : cet instrument barbare qui commence ces jours-ci à résonner à nos oreilles, que l’on appelle souffleur de feuilles et qui s’évertue à repousser par ici ce qui repassera par là, l’outil le plus vain de la création, presque une allégorie des affaires humaines : cela fait du bruit et sème partout la fureur, mais ça ne raconte rien et ça nous prend pour des fous.
Car quoi, croit-on que nous pensons disparu ce que l’on ne fait que déplacer ? Nous prend-t-on pour des aveugles après que l’on se soit assuré que nous étions déjà sourds ? (...)