Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2011
   


 
 
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On veut dire avant même le discours d’hier soir, où le leader autroproclamé de la libération nous fit cette déclaration que la Lybie désormais aurait une législation basée sur la loi coranique, une décision dont a n’a pas lu qu’elle avait été sanctionnée par un quelconque scrutin mais par laquelle nous avons appris qu’en plus de tout, il nous faudrait sans doute nous apprêter à signer encore des pétitions pour protéger les femmes libérées. L’homme sera roi, dans ce régime futur, c’est déjà sûr.
Ça semble un peu cynique, dit comme cela, mais c’est la raison pour laquelle en ce lundi du 24 octobre 2011, on a aussi deux fois les boules. D’une part pour avoir aidé la Lybie à retrouver des archaïsmes sociaux et d’autre part pour ne pas avoir soutenu la Tunisie dans son désir de modernité. Tunisie et Libye sont deux pays voisins. L’un fit une révolution digne que l’on n’aida ni avant, ni pendant ni après et ce fut une injustice. L’on soutint l’autre, avec nos avions, nos conseils et nos philosophes et elle se termina sans justice.
En foi de quoi: Ennhada, qui a promis de ne pas appliquer la charia, revendique la victoire aux élections tunisiennes. On dit Ennhada ouvert, traversé de modernisme et proche de l’AKP turque, mais la Libye est encore plus proche et c’est bien notre souci pour un pays que l’on a parcouru récemment et où l’on a pu se rendre compte que si les démocrates de la société civile manquaient de moyens et d’argent, Ennhada, lui, les distribuait généreusement.
Nous, les gens d’Europe, avons regardé faire, préparant des programmes financiers que l’administration polissait tendrement : il était urgent d’attendre que des élections démocratiques se déroulent démocratiquement.
C’est fait et on le salue. Mais on n’est pas sûr du tout que les jeunes diplômés sans emploi de Tunisie continueront de faire autre chose que de vendre des légumes au marché de Sidi Bouzid. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.