Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

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Ce matin, comme en écho, on apprit par la radio qu’en plus d’être drôle, talentueux et humain, Dieudonné Kabongo, mort en scène la semaine dernière, était aussi, je cite le journaliste, "en grande précarité". Et que ses amis avaient dû se cotiser pour payer ses funérailles, cet après-midi. Ca en a foutu un coup. Dieudonné, on va dire : mort comme Molière, enterré comme Mozart.
Car aujourd’hui, c’est comme ça. On a beau beau rouler avec ses quatre roues sur le bitume, on en a quand même une dans le fossé. Et on continue pourtant à payer le bitume. Cette image, c’est pour dire qu’on peut très bien aujourd’hui avoir du travail, voire même avoir un travail, ne pas mégoter son temps ni ses efforts, ni même sa solidarité et son attention aux autres, être aussi connu, reconnu et regretté et se retrouver comme ça : à être avalé par le refus du refus de la misère et à continuer à payer pour.
Les jours qui viennent nous montreront que le vocabulaire de la misère s’additionnera ici aussi du mot austérité, on dira rigueur, et que les réponses seront plus vieilles que le vieux monde qui court devant nous et plus polluantes que les haut-fourneaux de Seraing.
Alors, on tournera son regard vers ce 17 octobre, l’on sourira et l’on attendra patimment le suivant. Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.