Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2011
   


 
 
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Ça briserait aussi beaucoup de choses, un non slovaque. Il n’y a rien à faire, on voit, dans cette incompréhension de la solidarité, comme un rapport avec les bus de Charleroi ou de Bruxelles.
C’est pourtant beau la solidarité. C’est compliqué aussi. Ça demande du temps. C’est cher. Ça prend des formes qu’on ne comprend pas toujours. Et, par exemple, un bus, c’est de la solidarité. Avec les gens au travail, avec les gens sans travail, avec les étudiants, avec les vieux, avec l’environnement. Avec soi aussi, probablement.
C’est peut-être cela qui ne se voit plus aujourd’hui. Peut-être parce que, alors que les citoyens sont pourtant les premiers actionnaires d’une solidarité qu’ils contribuent à financer, ils en sont devenus de simples usagers. Rendus à un rôle de clientèle. Et, rien à faire, citoyen et client, ça ne rime pas.
Ah, décidément, on a fait beaucoup d’effort pour rendre la beauté de la solidarité invisible. Je ne dis pas que ces jeunes idiots de Charleroi se rendent compte de cela. Je dis justement qu’ils n’en s’en rendent plus compte que les bus, c’est eux, c’est vous, c’est moi.
Vous allez me dire que la médiatisation attise sans doute ces jets de pavés —comme lorsque l’on profane un cimetière : d’autres suivent immédiatement — et que je ferais mieux de m’abstenir de cette chronique. Je parle pourtant à l’aise. Je crois savoir que pas un parmi ces snipers de fourrés ou d’encoignures sombres ne m’écoutent.
C’est d’ailleurs peut–être cela le problème. Non pas qu’ils ne m’écoutent pas. Non. Mais que nous n’écoutions plus grand chose ensemble, au même endroit, au même moment. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance..