Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2011
   


 
 

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En ce jour du lundi 3 octobre 2011, On voudrait dire quelques mots de ces pavés qu’on lance sur les bus. Sur ce caillassage de l’espace public quand il passe. Et se demander justement pourquoi les bus.
A certains égard, un bus c’est un peu le goéland de Baudelaire que ses ailes de géant empêchent de marcher. Une proie aisée. Une cible facile. Un éléphant dans un couloir. Qui, avec un pavé, devient un magasin de porcelaine.
Un bus aux vitres brisées explique comment une société s’enraie. Comment un incident isolé devient un accident collectif. Et comment ça peut déraper vite, la vie en commun.
Un bus aux vitres brisées dit peut-être justement cela : que le transport public, aujourd’hui, ce n’est plus la beauté de la mise en commun de moyens communs, mais ce qu’il reste d’un Etat sans aucune grâce, qui roule cahin-caha et qui n’est à l’abri d’aucune lâcheté ni d’aucun sniper.
Il y a beaucoup de gens, au final, qui lancent des pavés sur le bien public, ces temps-ci. On en parlait l’autre fois à propos des émeutes anglaises de l’été : ce qui vient d’en haut se traduit en bas. Un exemple, même mauvais, reste un exemple. Et quelle que soit la forme du pavé, c’est dans la beauté de ce qui a été accompli ensemble qu’on le lance.
Les Slovaques, par exemple, s’ils disent non au plan de soutien à la Grèce, lancent-ils un pavé sur l’Europe qui passe dans sa solidarité défaite et son histoire effacée ? (...)