Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2011
   


 
 
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On découvrit, allez savoir comment, qu’il n’avait que 985 livres sur son compte en banque et qu’il boursicottait moins bien que Monsieur Jourdain faisait de la prose. Un amateur. Un frimeur. Un prometteur de mauvais jours. Ouf, les traders ne pensent pas comme ça et Goldman Sachs aime l’euro !
Quelle belle mise en abîme, en vérité. Je ne sais pas trop ce qu’en pensait ce matin José Manuel Barroso, dans son discours sur l’état de l’Union, que l’on a entendu vociférer et tempêter avec des accents d’un énervement certain qui faisaient rire jaune, mais je pense quant à moi, qu’il sait lui aussi que ce ne sont pas les gouvernements qui gouvernent le monde ni la Commission qui domine l’Europe.
A vrai dire, on ne sait plus très bien non plus ce qui gouverne les gouvernements. Tenez, regardez donc cet univers d’enveloppes et de mallettes qui nous tient lieu de pays voisin. L’Etat disparaît sans même que Goldman Sachs s’en mêle. Mais il n’est point besoin du faux cynisme d’un faux hacker pour en convenir, il suffit d’écouter le vrai cynisme d’un vrai patron. Celui des rédactions du Figaro : Etienne Mougeotte, auparavant grand ordonnateur de TF1. Interrogé sur le traitement, disons, différencié que faisait son journal des affaires françaises, il répondit : "On n’est pas là pour emmerder la droite, c’est comme ça. Si ce que vous voulez, c’est qu’on aille gratter sur ces affaires, c’est non. […] Pour être bien au Figaro, il faut épouser les idées du Figaro". Dans cette seule phrase s’est dissoute la liberté de la presse et évanouiel’idée de la république irréprochable. C’est malin.
Est-ce que quelqu’un ne pourrait pas lui dire, à Etienne Mougeotte, que son président est un démocrate de gauche ? Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.