Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h15 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Et c’est vrai, mais peut-être pas tout à fait où l’on pense car d’autres recherches posent aussi l’hypothèse que les enfants sous-alimentés seraient prédisposés, pour une question de mauvaise oxydation des graisses, à devenir "plus facilement" obèses à l’âge adulte. Ce qui rend évidemment l’affaire encore un peu plus complexe. Ou la rend largement plus limpide : la lutte n’est pas entre les gros et les maigres, elle est entre les riches et les pauvres, c’est-à-dire dans le partage de la nourriture, dans la qualité de l’alimentation et dans les profits que l’on peut faire de l’une et l’autre de ces malnutritions.
A ce que l’on voit, ces temps-ci, le cynisme semble à peu près égal. Peu nous chaut en effet que les maigres lointains meurent, nous nous chargeons déjà de faire mourir les gros que nous avons à notre portée. On veut dire : l’obésité, c’est tout de même un marché magnifique où l’industrie pharmaceutique est suspectée de produire — Mediator, Alli ou Xenical — de quoi générer à la fois des effets secondaires graves et des décès nombreux.
Mais bon, à côté de ces conséquences spectaculaires, le scandale est sans doute tout aussi bien dans cette alimentation industrielle aux vices cachés et goûteux dont la chercheuse espagnole Esther Vivas rappelait récemment qu’elle se montrait à la fois incapable de nourrir tout le monde — ne réussissant pas à juguler la sous-alimentation — et inapte à nourrir correctement tout le monde — produisant de l’obésité… Ce qui dans les deux cas concerne, dit-elle, les secteurs les plus précaires de la population mondiale.
De sorte que, en cet overshoot day, nous pouvons conclure que la faute des pauvres est, de nouveau, entière et totale. Parce qu’ils ne sont pas assez pour manger peu et trop nombreux à manger trop. Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.