Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2011
   


 
 
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la chronique du jour
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Plus on se fait chier
dans les embouteillages
Chez nous, des pavés sous la plage
Chez nous, des terrils pour montagnes
Des autoroutes allumées dans la campagne
Et des chevaux morts dans les charbonnages
Chez nous personne ne parle sans accent
C’est peut-être pour ça
que plus personne ne se comprend
Chez nous on dit « oufti !» on dit « tof ! »
On dit « Inchallah ! » ou « Mazel-tov ! »
Chez nous l’éducation sexuelle
C’est la frite et la moule XXL
Chez nous les concours d’éloquence
C’est devant le bar avec trois bières d’avance
Chez nous les courses cyclistes
C’est un aller-retour ou des tours de piste
Chez nous la Place de la Concorde
C’est le tracé de Bruxelles Hal Vilvorde
Chez nous on ne descend dans la rue
Que pour pleurer toutes les causes perdues

 

Chez nous on est Iaïque ou prière
De sa première colique
jusqu’à sa dernière bière
Chez nous, le ciel crache sous lui
et les statues pissent sous elles
Chez nous, le vent vient de la pluie
Mourir sur les trottoirs de Bruxelles
Chez nous, où l’Europe a pu naître
Entre Permeke, Ensor, Magritte et Rops
Chacun exsude son vinaigre
Fermé sur lui comme un rollmops
Chez nous chacun doit choisir son camp
Son particule, sa linguistique
Chez nous, chacun est Wallon ou Flamand
Par le sol ou par la statistique
Chez nous, la langue est une politique
Où chaque zinneke, maquillé en pitbull,
Ira souffler dans le cul des moustiques
En jurant qu’il fait voler des libellules
Chez nous, le fascisme a des relents
Chez nous, l’amnésie est une opinion

A quoi bon amnistier leurs parents
S’il faut remettre leurs enfants en prison
Moi qui suis de la langue française
Un peu bilingue puisque né dans le tram
Si je dois chanter un jour la Marseillaise
Je resterai Tartine et Boterham
Bâtard et toujours fier de l’être
Depuis le Camp de Zottegem
Le dernier Belge signe cette lettre
Vive les Wallons, Leve de Vlamingen !
Chez nous, toutes les fanfares sont royales
Les vendeurs de bidets, fournisseurs de la Cour
Tous les Saints ont leur hôpital
Et chaque Jacques Brel son chagrin d’amour
Allez, belle soirée et aussi bonne chance...