Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 13 septembre 2011, Voyez-vous, aujourd’hui, on avait presque envie de se contenter d’observer la lente descente d’un parachute doré sur les ruines financières de l’actualité. C’était franchement tentant. On était fort tenté. On aurait décrit comment ce vol extrêmement rapide, commencé en chute libre et poursuivi par des figures en tandem, se serait terminé par une impeccable précision d’atterrissage, jambes pliées et souples en carreau pile-poil sur la cible.
Ç’aurait été comme un reportage en direct. Et, bien sûr, on aurait eu beau jeu de rappeler que dans cette discipline de saut que l’on appelle "la précision d’atterrissage", la cible à atteindre au sol n’est pas plus grande qu’une pièce de deux euros. On se serait gaussé un peu. On y aurait vu comme une fable.
Mais on s’est dit qu’on avait déjà suffisamment commenté ce genre de grands sauts dans le vide, que la répétition nuirait, que d’autres partout activaient en ce moment même leur poignée de sauvetage : la tête nous aurait tourné, on aurait été incapable de commenter l’impeccable descente en vrille du bien commun par le profit privé.
Non vraiment, si l’on avait jamais eu l’usage d’un parachute aujourd’hui, on pense qu’on serait allé survoler la Norvège. On aurait plané un peu par-dessus l’île d’Utoeya, voir s’il y a des gens qui vivent là où Anders Brevik a tué. (...)