Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2011
   


 
 
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Dernièrement avec un ami, impliqué plus anciennement lui contre d’autres coupes d’arbres, nous nous disions ceci que ces abattages dénotaient peut-être l’impossibilité pour les décideurs politiques d’exécuter bien d’autres choses. Déjà qu’on ne coupe plus les têtes, voilà que lorsque que l’on est en position de décider, on s’aperçoit qu’on ne décide plus de grand-chose, mais plutôt que l’on subit ce qui est décidé ailleurs : demandez un peu, pour voir, aux agences de notation.
Dès lors, on se rabat littéralement sur ce qu’on a. Des arbres par exemple. C’est bien les arbres. Ça tombe malade, c’est dangereux, ça vieillit, ça perd des feuilles. C’est un peu comme des hommes qui peuvent être malades, dangereux, qui peuvent vieillir et perdre leurs cheveux. L’arbre, alors, peut remplacer avantageusement le citoyen.
Je m’abuse peut-être un peu mais comment ne pas se demander ce que représentent vraiment ces platanes ? Si par hasard, ils ne seraient pas les victimes expiatoires d’une parole citoyenne trop libre, trop informée et trop active ? Entre les élus politiques et les citoyens, il y a désormais des arbres qui ne cachent plus aucune forêt..
Voilà ce que c’est que d’avoir un gouvernement. A tout prendre, on préfère encore avoir un gouvernement non élu en affaires courantes qu’un gouvernement de plein exercice en affaires coupantes.
Car oui, si on en veut terriblement au gouvernement bruxellois aujourd’hui, c’est pour vouloir couper des arbres sans doute, mais aussi pour avoir détruit une perspective. Celle de l’implication des citoyens dans les affaires publiques. Et, surtout, pour avoir créé lui-même les conditions de cette défiance du politique contre quoi nos élus sont les premiers à nous mettre en garde. Là dessus, on appelle Bossuet, spécialiste des éloges funèbres et on cite : « Dieu se rit de ceux qui déplorent les conséquences des faits dont ils chérissent les causes ». Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.