Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2011
   


 
 
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La ministre en charge, Brigitte Grouwels, en a fait une question de principe. Ce qui est dit est dit, ce qui est décidé est décidé. Un point, un trait, passons à la ligne et à la tronçonneuse. Cela fait des mois que la mobilisation des riverains les fait cependant bouger, les lignes. On n’est plus si sûr, à la Région, du bien-fondé d’un projet dont le bon sens a fait place au non sens. De sorte que chacun aujourd’hui fourbit ses chiffres et ses arguments et ceux des comités de quartier ne sont pas les moins imaginatifs, car il y a belle lurette n’est-ce pas que les citoyens savent faire de la politique et aussi des calculs.
L’Avenue du Port est une des ces luttes exemplaires qui honorent Bruxelles et que les Bruxellois, il est vrai, sont hélas habitués à perdre souvent. On verra si cette fois encore, la ville utile, rectiligne et conforme gagnera contre la ville agréable, chaotique et un peu mal formée. Parfois, on ne s’explique pas cette haine contre ce qui est différemment beau. Car elle est belle cette avenue, et ce devrait être le seul argument qui vaille, le seul qui devrait importer, le seul auquel se rendre. Ce devrait être aussi simple. La politique qui est, dit-on, l’art de la prévision devrait aussi être celui de la perspective. Celle-ci est imprenable. Elle donne à ces quartiers du nord un air de midi. On se croirait Nationale 7.
Au gouvernement bruxellois qui décidera demain, on voudrait donc apporter un complément d’information, verser une pièce au dossier. Chez les Grecs, les anciens, le platane avait de la valeur. On l’aimait bien. On le vénérait. Parce que son écorce se renouvelle par plaques, il était même, figurez-vous, le symbole de la régénération et du renouvellement des idées… N’est-ce pas là quelque chose de bonne augure ? Les Grecs, en revanche, ne disaient rien des pavés. Et ça, ça l’est peut être moins. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.