Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2011
   


 
 

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En ce jour du lundi 20 juin 2011, Je suis en train de lire un tout petit livre. Il s’appelle "Les stratégies absurdes ou comment faire pire en croyant faire mieux". Je le commence, je l’ai à peine feuilleté. Mais déjà quelque chose me titille. C’est une économiste, Maya Beauvallet, qui a écrit cela.
Il n’est pas tout neuf non plus. Mais je me suis dit : voilà un beau sujet, que ces récits qui décrivent comment les théories de management se retournent souvent contre leurs auteurs et comment en pensant inciter quelqu’un à mieux faire, le plus souvent on le décourage ou on le démotive. Et que l’on aboutit donc à l’inverse de l’effet recherché.
Ça m’a semblé être une jolie parabole, par les temps que nous traversons. Tenez, je lisais par exemple que des responsables de crèches, excédés par les retards de parents au moment de la fermeture, avaient décidé de les sanctionner par une amende financière correspondant à une heure de baby-sitting. Que pensez-vous qu’il arriva ? Jamais autant de parents ne vinrent avec retard rechercher leur rejeton. Jusque là, en effet, ils ne savaient pas trop ce que cela voulait dire de retarder une fermeture. Ils comprenaient bien que ça gênait l’organisation, mais ne pouvaient pas estimer le dérangement qu’ils causaient. En lui donnant un prix, la direction de la crèche a rendu tangible et concret un dommage. Le coût d’une heure de baby-sitting. Pas terrible. Acceptable. Abordable. Et donc multiplication des arrivées tardives. L’image même d’une fausse bonne idée. (...)