Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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Car là, voyez-vous, entre la Banque centrale et certains Etats, comme l’Allemagne, ce n’est pas vraiment l’Europe. C’est sauve qui veut. Restructurer or not restructurer, telle est la question. Pourtant, on va dire, que la Grèce annonce franchement qu’elle ne peut pas payer, qu’elle ne le pourra pas, qu’elle ne le voudra pas non plus sans doute, ne changera pas grand-chose à la question. Il n’y a pas à dire, un fait est plus têtu qu’un lord-maire, on le sait bien.
Pourtant, d’autres sont plus têtus encore. Une restructuration de la dette serait le scénario catastrophe, dit-on en France. Cela entraînerait tout le monde dans la tourmente, rien ne serait plus assuré, l’euro perdrait la face, l’Europe perdrait l’euro et l’Europe serait perdue. Les Allemands sont d’un avis contraire, qui souhaitent allonger le délai de remboursement de la Grèce. Et ces deux options sont sur la table tournante qui accueille les négociations des ministres des Finances.
Pendant ce temps, les banques françaises commencent à trembler, elles dont l‘exposition à la dette grecque intéresse aussi les agences de notation. Des banques comme BNP Paribas, par exemple. Celle à laquelle on a rajouté le mot Fortis, ce qui fait long à dire au téléphone. Celle-là même appelée en chevalier blanc pour sauver le royaume des produits toxiques des subprimes américaines et qui aujourd’hui nous revient avec une belle fragilité financière grecque, ce qui n’est pas facile non plus à dire au téléphone.
Je vous le dis, chères auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains : les jours qui viennent nous promettent une époque épique. Aussi bien vais-je passer parmi vous avec ma sébile et vous demander une petite pièce pour l’Europe, sa démocratie, sa prospérité, ses luttes et son esprit. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.