Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2011
   


 
 
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Et ils disaient surtout soutenir les gens de ce Mouvement de Libération des Champs, auteurs du coup de force contre les patates, s’interrogeant sur les liens entre les intérêts privés et les savoirs universitaires, et avertissant : c’est la science qu’il faut sauver, pas les bio-technologies. Un licenciement suivit donc non pas cet aveu d’arrachage, mais cet affichage de militantisme. Une pétition circule qui se demande si la liberté de parole critique du chercheur est encore de saison et si une exhumation de pommes de terre désormais enterre toute controverse intellectuelle.
Car, comme le disent les pétitionnaires : la présence de scientifiques des deux côtés du débat démontre que, même au sein de la communauté scientifique, il y a un désaccord sur la nécessité sociale et la valeur ajoutée des OGM. C’est vrai que l’on doute que ce licenciement de cette chercheuse de l’Université de Leuven défendant l’arrachage d’un champ planté par l’Université de Gand soit dû à un manque avéré de confraternité interuniversitaire. Et comme le motif ne semble pas être l’action en elle-même, on en conclut qu’à Louvain, contrairement à ce que pouvait bien dire Pierre de Coubertin, l’important, ce n’est pas de participer. Mais ce serait quoi, alors ? On a peur.
Je ne sais ce qu’en diraient mes psychiatres d’hier mais je me souviens qu’à un moment donné, Patrick Lemoine, dans sa conférence, fit allusion à ce qu’était la science. Et rappelait que selon Karl Popper, une théorie qui n'est pas réfutable est dépourvue de caractère scientifique. Selon quoi donc, si l’on suit bien, un soutien intellectuel à un arrachage de pommes de terres mettant en doute une expérimentation biotechnologique serait bel et bien un hommage à la science. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.