Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Ça ne se discute pas, c’est impératif, c’est classé sécurité nationale, internationale, mondialisée : c’est du convoi avec une tête de mort dessus, on ne rigole pas et ces types de Greenpeace qui s’enchaînent aux rails en proclamant que ce n’est plus l’heure du nucléaire n’ont encore une fois rien compris : c’est l’heure du train, tout simplement, et sans doute faudra-t-il songer à en avertir Gianni Tabbone de navetteurs.be : pour que les trains arrivent à l’heure, chers usagers, pensez à emporter quelques millisievert dans vos bagages, vous verrez, ça dégage fissa. C’est ça, un train qui arrive à l’heure.
Prenons maintenant le cas de ce convoi parti hier matin d’Anvers, aussi. Vers les Pays-Bas. Dans le sens contraire donc, exactement. Et littéralement aussi puisqu’il s’agissait du premier train circulant à l’énergie solaire sur le réseau belge. Il s’est alimenté en énergie en passant sous les 16 000 panneaux qui garnissent le toit du tunnel de Brasschaat.
Voici donc typiquement l’exemple du train qui arrive « à son heure » et l’on ne peut que s’enorgueillir d’habiter un pays capable de proposer à ses citoyens, à vingt-quatre heures d’intervalles, deux visions de l’avenir aussi antipodiques : le train vert s’en allant sifflotant et le convoi rouge de honte que seule la police parvient à maintenir sur les rails.
Arriver à l’heure, venir à son heure… Qu’en est-il alors de ce jeune impétrant de 21 ans, faux machiniste et conducteur pirate de locos, en procès ces jours-ci pour avoir pris, par la ruse, les commandes de trois trains de passagers, sorte de Mathias Rust de la SNCB ?
Arrive-t-il à l’heure ou vient-il à la sienne ? On s’interroge. Et puis on pense. On se dit que finalement, on aurait peut-être bien besoin d’un type comme ça pour prendre en loucedé les commandes du char de l’Etat. Avant que ce ne soit trop tard. Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.